L'abeille carniolienne (Apis mellifera Carnica) de Slovénie

Janez GREGORI

Janez POKLUKAR

Janez MIHELIČ

Le développement historique et la renommée internationale de l'abeille carniolienne

Rotschütz a été ainsi le premier exportateur de l'abeille carniolienne et bientôt il a été suivi par de nombreux autres. Parmi eux le plus important et persévérant a été Michaël Ambrožič (1846-1904) de Mojstrana. Son commerce avec les abeilles a été très étendu, des expéditions d’essaims ont été organisées jusqu’à l'extrême est de la Russie – Vladivostok. De 1872 à 1904 Ambrožič a vendu plus de 40.000 colonies, et d'après d’autres sources 74.343 reines d'abeille carniolienne.

3 - Le rucher commercial de Jan Strgar à  Bitnje prés de Bohinj  

Jan Strgar (1881-1955) de Bitnje est devenu ensuite notre plus grand éleveur et commerçant de l'abeille carniolienne. En 1906 une vingtaine de marchands d'abeilles exerçaient leur activité dans la Carniole. De 1858 et jusqu'à la fin de première guerre mondiale la Slovénie a exporté 170.000 colonies au regard des documents en archives, mais d'après d'autres sources ce nombre pourrait largement dépasser 500.000.

 

4- La cagette pour l'epéditions des essaims nus (musée apicole à Radovljica)  

Le bulletin nommé l’» Abeille slovène«, dont la première parution a été en 1873, a également joué un rôle important dans la promotion de l'abeille carniolienne. Au même moment paraissait en Allemagne Die Krainische Biene, dont le rédacteur en chef fût le baron von Rotschütz personnellement. Le mensuel Slovenski čebelar -l’Apiculteur slovène- a particulièrement bien réussi sa mission de promotion et d’information sur l’abeille carniolienne. Le magazine a fêté sa 106ème publication à l’occasion du congrès Apimondia à Ljubljana. Dans notre littérature plus récente deux ouvrages ont été également  importants: Elevons les meilleures abeilles mellifères de Josip Verbic en 1947 et de Joze Rihar Elevons de meilleurs abeilles en 1972.  

5 - Anciennes cages à reines, musée de Radovljica

Au  milieu du 19ème siècle l’essaimage était très profitable. La vente des essaims rapportait un profit supplémentaire non négligeable à la vente du miel. Il faut préciser qu'à cette période les apiculteurs ont encouragé la propension à l’essaimage pour obtenir le maximum d'essaims pour la miellée de blé-noir (Sarrazin), dont la meilleure récolte est à la fin août pour un meilleur hivernage.

Après la première guerre mondiale le commerce des abeilles a pratiquement disparu. L'introduction de nouvelles ruches à feuilles a engendré de plus grandes récoltes de miel que l'apiculture avec les petites ruches traditionnelles. L’essaimage devint ainsi progressivement indésirable. Par la suite plusieurs tentatives ont été menées pour une selection organisée des abeilles sous la tutelle d’une fédération apicole, en suivant certains exemples étrangers. Un grand apiculteur slovène, Anton Žnidaršič, a joué un rôle important dans ces activités. La seconde guerre a arrêté tous ces projets prometteurs. Durant les premières années après la libération en 1945, de larges projets financés par la fédération apicole échouèrent, et les tentatives de collectivisation n’ont pas réussi. Les essais de sélection de l'abeille carniolienne dans le cadre de la Fédération apicole ont tous été des échecs, malgré plusieurs tentatives pour relancer le programme.

Sommaire    ou  Continue la suite page 4